Retour aux articles Paroles d’Expert Acte 1 Scène 1 : la décarbonation de l’habitat social Copier l'url

Les experts Idex, qu’ils travaillent dans la santé, le secteur de l’habitat ou l’industrie, s’engagent à accélérer votre transition énergétique en exploitant les énergies locales et bas carbone. Dans cette série Paroles d’expert, ils partagent leurs perspectives sur les enjeux de la décarbonation, l’impact sur les marchés et nos clients ainsi que les solutions qu’Idex met en œuvre pour y répondre. Plongez dans leurs analyses et leurs idées pour une transition énergétique réussie. 

Maîtriser la facture d’énergie, réduire l’empreinte environnementale de l’habitat collectif, garantir un haut niveau de confort aux occupants … les défis de la transition énergétique sont multiples, mais indissociables, pour les bailleurs sociaux. Dans cet épisode de Paroles d’expert Jean-Christophe RAVIER, Responsable National Marché Habitat, se confie sur les défis rencontrés par le marché et, surtout, les opportunités qui s’offrent à eux.

Quel est le réel enjeu de la décarbonation pour les bailleurs sociaux ?

Pour un bailleur social, les enjeux de la transition énergétique sont attachés à la loi Climat et Résilience, qui constitue une demande très claire de l’Etat d’accélérer la décarbonation de l’habitat, dont les logements collectifs. L’objectif, c’est aussi de faire baisser les consommations pour, in fine, proposer aux locataires des charges plus maîtrisées sur leur fourniture d’énergie. 

Comment concilier ces deux injonctions, qui peuvent être contradictoires, de décarboner tout en maîtrisant les charges ?

Finalement, ce sont deux éléments qui se conjuguent. Dans un premier temps, il faut réfléchir à la sobriété au niveau du logement par l’usage, c’est-à-dire l’action du locataire sur sa propre consommation. Cela va aller de paire avec l’efficacité énergétique, qui est notamment le rôle d’Idex à travers notre capacité à piloter et exploiter les chaufferies. La décarbonation vient embrasser ces deux sujets, auxquels nous ajoutons notre capacité à identifier le potentiel de réseau de chaleur alimenté par une énergie locale, bas carbone, que ça soit avec des pompes à chaleur ou une autre solution technique.

Quels sont les freins à la sortie des énergies fossiles comme le gaz naturel ou le fioul par les bailleurs ?

Les résistances viennent essentiellement de la capacité à transformer les parcs, massifs, et leurs équipements vers des solutions décarbonées. Les bailleurs se tournent vers la performance énergétique mais ils se heurtent à un mur financier qui n’était pas toujours prévu initialement. Et l’arrivée de ce mur a été accélérée par l’évolution du cadre réglementaire avec la loi Climat et Résilience. Elle a instauré une obligation de remonter les notes DPE énergie et GES (gaz à effet de serre), avec un calendrier qui est cadencé pour atteindre la neutralité carbone à horizon 2050. Cette échéance arrive avec plusieurs étapes intermédiaires : par exemple l’impossibilité de louer les logements au DPE F et G dès 2025, ou encore le gel des loyers. Cela vient directement perturber les bailleurs dans leur cœur de métier qui est de louer des logements sociaux. Cette injonction réglementaire les oblige à trouver des solutions techniques pour assurer cette transition énergétique, technique et même financière. Les bailleurs ont donc besoin de partenaires pour franchir ce mur financier et pouvoir le lisser dans le temps, le faire baisser en charge, afin de permettre aux bailleurs de continuer à faire leur métier. 

Et comment franchir ce mur financier ? De quelle manière Idex peut aider les bailleurs sociaux à le franchir ?

Il faut se rappeler que le financement des bailleurs sociaux est rattaché au taux du livret A. Et ce dernier a fortement augmenté ces dernières années en remontant à 3 %. Leur capacité d’autofinancement a donc été largement impactée. Demain, pour pouvoir opérer les travaux de rénovation énergétique, de nouveaux modes de financement sont nécessaires. Avec la loi de mars 2023, le tiers financement est désormais possible pour les bailleurs publics ce qui ouvre donc la porte à ces projets de travaux à des sociétés en mesure d’en assumer la charge financière. 

 

Concrètement, sur qui va peser la charge de rénovation énergétique et de décarbonation ?

De façon schématique, pour un bailleur la charge financière des travaux de transition énergétique se fait de plusieurs manières. D’abord sur un financement en propre via les capacités d’autofinancement. Puis sur la capacité à trouver des partenaires pour le tiers financement comme Idex. Aussi, puisque l’investissement est porté globalement par le bailleur ou ses tiers financeurs, et que le bénéfice de cette baisse de consommation est fléché vers le locataire, le législateur a prévu que le locataire puisse participer - pour partie - à l’effort financier qui lui a permis de faire cette baisse de consommation. En résumé, si la surperformance permet de gagner 100 €, l’effort demandé au locataire peut être de 30 €, mais le bénéfice du locataire restera significatif, à hauteur de 70 €. 

Existe-t-il d’autres solutions en dehors du tiers financement ? En particulier, de quelle façon la charge peut-elle être transférée vers les locataires ?

Il est possible de penser à d’autres mécanismes, par exemple basés sur la performance énergétique à travers un CPE (contrat de performance énergétique) ou sur la capacité du bailleur à facturer au locataire la troisième ligne de quittance, ce qui signifie facturer une partie de la charge qui lui incombe, en tant que propriétaire, pour une transformation énergétique au locataire. Le locataire a donc ses charges qui baissent de façon globale, mais le financement a été porté par le bailleur, donc il participe à cette charge. Le delta entre la charge de la troisième ligne de quittance est toujours inférieur au bénéfice global du bâtiment. L’objectif est que la contribution reste inférieure au reste récupéré à travers la baisse de consommation. 

 

Les défis de la décarbonation de l'habitat social sont nombreux et complexes, mais ils offrent également de belles opportunités pour améliorer la performance énergétique et réduire les coûts pour les locataires. À travers cette série Paroles d’expert, les professionnels d’Idex vous éclairent sur ces enjeux cruciaux et partagent des solutions innovantes pour franchir les obstacles financiers et techniques.  En travaillant ensemble, bailleurs sociaux et partenaires comme Idex peuvent surmonter ces défis et réussir une transition énergétique durable, bénéfique à la fois pour les occupants et pour l’environnement.

Restez connectés pour découvrir davantage de perspectives et de solutions dans les prochains épisodes de Paroles d'expert

signature expert Jean-Christophe

FAQ

Quels sont les principaux défis de la décarbonation pour les bailleurs sociaux ?

Les principaux défis de la décarbonation pour les bailleurs sociaux sont :

  • Respecter les exigences de la loi Climat et Résilience
  • Réduire l'empreinte environnementale de l'habitat collectif
  • Maîtriser les factures d'énergie des locataires
  • Surmonter les obstacles financiers liés à la rénovation énergétique
  • Transformer les parcs immobiliers vers des solutions décarbonées
  • Maintenir un haut niveau de confort pour les occupants

 

Comment les bailleurs sociaux peuvent-ils financer la transition énergétique de leur parc immobilier ?

Les bailleurs sociaux disposent de plusieurs options pour financer la transition énergétique :

  • Utiliser leurs capacités d'autofinancement (bien que limitées par la hausse du taux du Livret A)
  • Recourir au tiers financement, désormais possible pour les bailleurs publics depuis la loi de mars 2023
  • Mettre en place des Contrats de Performance Énergétique (CPE)
  • Utiliser la "troisième ligne de quittance" pour faire participer partiellement les locataires aux coûts de rénovation
  • Rechercher des partenaires comme Idex pour assumer une partie de la charge financière

 

Quel est l'impact de la loi Climat et Résilience sur les bailleurs sociaux ?

La loi Climat et Résilience a un impact significatif sur les bailleurs sociaux :

  • Elle impose une accélération de la décarbonation de l'habitat, notamment des logements collectifs
  • Elle oblige à améliorer les notes DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) en énergie et GES (Gaz à Effet de Serre)
  • Elle fixe un calendrier pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050
  • Elle interdit la location des logements classés F et G dès 2025
  • Elle peut entraîner un gel des loyers pour les logements les moins performants
  • Elle pousse les bailleurs à trouver rapidement des solutions techniques et financières pour la transition énergétique

 

Comment concilier la décarbonation et la maîtrise des charges pour les locataires dans l'habitat social ?

Pour concilier décarbonation et maîtrise des charges, plusieurs approches sont possibles :

 

  • Promouvoir la sobriété énergétique au niveau du logement par l'action des locataires
  • Améliorer l'efficacité énergétique grâce à des solutions comme le pilotage intelligent des chaufferies
  • Identifier et exploiter le potentiel des énergies locales et bas carbone (réseaux de chaleur, pompes à chaleur, etc.)
  • Mettre en place des mécanismes de partage des bénéfices de la rénovation entre bailleurs et locataires
  • Utiliser des contrats de performance énergétique pour garantir des économies
  • S'assurer que la contribution des locataires aux coûts de rénovation reste inférieure aux économies réalisées sur leurs charges

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