Publiée le 25 février 2026

Comment structurer un contrat de tiers-financement dans la santé ?

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Entre l'inflation énergétique, la vétusté des installations et la pression réglementaire, les établissements doivent impérativement moderniser leur outil de travail tout en préservant leurs capacités d'investissement. Mais comment garantir qu’un tiers-financement dans la santé reste juridiquement sécurisé ? Et comment s’assurer que ce montage protège l’hôpital plutôt qu’il ne l’engage financièrement ? Voici les bases essentielles pour structurer un contrat de tiers-financement robuste, lisible et parfaitement conforme aux enjeux du secteur. Explications ! 

👉 Si vous découvrez le concept, relisez notre article : qu’est-ce que le tiers-financement dans la santé ?

Et pour comprendre le cadre légal à respecter, consultez : le cadre juridique et réglementaire du tiers-financement dans la santé

Étape 1 : définir le périmètre et les indicateurs de performance

La sécurité du contrat repose avant tout sur la précision de la phase amont. Avant toute rédaction juridique, l’établissement et le partenaire doivent figer le périmètre exact pour éviter les avenants futurs.

Cette définition se fait sur trois niveaux :

  • Les besoins techniques : périmètre physique (rénovation chaufferie, éclairage, IRM) et contraintes d'exploitation (continuité de service 24/7).

  • Les objectifs chiffrés : les gains visés doivent être réalistes (ex : -25 % de consommation gaz, taux de disponibilité de 99 %).

  • Les indicateurs de suivi (KPI) : ce sont les juges de paix du contrat (kWh/m², température de consigne, temps de rétablissement).

💡 L'approche Idex : nous ne commençons jamais un projet sans un audit technique et énergétique approfondi. C'est cette "photo de départ" (situation de référence) qui rend le contrat incontestable. Cette démarche s'inscrit dans notre engagement de pilotage et d'accompagnement énergétique, garantissant transparence et mesurabilité dès le démarrage du projet."

Étape 2 : choisir le bon modèle contractuel

Le choix du contrat ne dépend pas seulement du type de projet, mais surtout du statut juridique de l’établissement. C’est cette base légale qui détermine si l’investissement est porté par l’opérateur ou s'il est remboursé par les économies générées.

 

Les modèles contractuels selon votre profil :

Type d’établissement

Modèle recommandé

Particularités

Hôpitaux publics & Collectivités

MGPE-PD (Paiement Différé)

Seul modèle autorisant légalement le portage financier par le tiers (Idex).

Hôpitaux publics (Autofinancement)

MGP classique

Les travaux sont financés par les économies générées, sans paiement différé.

Cliniques privées & ESPIC

Contrat de Performance Énergétique (CPE)

Grande souplesse : l'opération est remboursée par les gains énergétiques garantis.

Une distinction fondamentale à retenir : Il est important de ne pas confondre le financement par les économies et le tiers-financement :

  • Via un MGP ou un CPE classique : vous financez vos installations grâce aux économies d’énergie générées. C'est l'efficience du projet qui paie l'investissement.
  • Via le MGPE-PD : vous bénéficiez d'un véritable tiers-financement où l'opérateur porte l'investissement initial, avec un étalement des paiements autorisé par la loi de mars 2023.

➡️ Dans tous les cas, la rémunération du partenaire reste indexée sur la performance réelle atteinte : si les économies ne sont pas au rendez-vous, l'opérateur en assume la responsabilité financière.

Étape 3 : définir la répartition des risques

Un tiers-financement hospitalier performant repose sur une allocation transparente des responsabilités. Cette répartition crée une véritable relation partenariale et protège l’hôpital des aléas techniques et financiers.

Synthèse des risques et responsabilités : 

Type de risque

Porteur principal

Commentaire

Risque de conception

Idex

L’entreprise conçoit et garantit la solution technique adaptée

Risque d’exploitation

Idex

Assure la maintenance et la continuité de service

Risque financier

Idex

Porte l’investissement initial et ses risques associés

Risque de performance

Partagé

Dépend des indicateurs contractuels et du suivi conjoint

Ce partage est au cœur du modèle : il crée une relation partenariale plutôt qu’un simple lien fournisseur-client. Au-delà du montage contractuel, les établissements peuvent également valoriser les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) pour optimiser la rentabilité globale du projet.

Étape 4 : intégrer des clauses de performance et de suivi

C’est la clé de voûte du contrat : contrairement à une obligation de moyens, le tiers-financement impose une obligation de résultats. La performance ne doit pas être une promesse, mais une donnée contractuelle objectivée, comme le prévoit le cadre du Contrat de Performance Énergétique du Bâtiment qui garantit des économies mesurables et vérifiables.

Les clauses doivent contenir tous les scénarios via un système de Bonus/Malus :

  • Clause d’économie garantie : l’exploitant s’engage sur un pourcentage minimal d’économies d’énergie.
  • Clause de pénalité : si les objectifs ne sont pas atteints, une compensation est prévue.
  • Clause de bonus : si la performance dépasse les attentes, le gain est partagé.

Chez Idex, ces clauses sont co-construites avec l’établissement pour garantir réalisme et engagement réciproque.

Étape 5 : prévoir la durée et les modalités de remboursement

La durée du contrat n'est pas arbitraire : elle est calculée pour lisser l'investissement et permettre son financement intégral (ou partiel) par les gains générés. 

  • Durée moyenne : entre 7 et 15 ans, selon l’importance des travaux (CVC simple vs rénovation chaufferie globale/géothermie).
  • Mécanique financière : le remboursement s'opère via une redevance qui est compensée par la baisse de la facture énergétique et des coûts de maintenance.

Cette ingénierie financière permet de moderniser l'outil hospitalier sans peser sur le budget de fonctionnement (OPEX) immédiat, ni dégrader la trésorerie. Les établissements de santé, soumis aux mêmes obligations que les bâtiments tertiaires en matière de performance énergétique, trouvent dans ce modèle une solution adaptée aux contraintes du décret tertiaire.

Étape 6 : assurer la conformité juridique et financière

La conformité est un point essentiel, notamment pour les directions générales et les services juridiques. Un montage mal conçu peut créer un risque de requalification ou de non-respect de la commande publique. Pour faciliter la lecture, voici une présentation structurée des éléments indispensables 

Tableau – Les incontournables à valider avant signature : 

Élément à vérifier

Objectif

Ce que cela implique concrètement

Cadre contractuel adapté

Assurer la légalité du marché

Choisir entre le MGPE-PD (pour le paiement différé), le MGP classique ou le CPE selon le statut de l'établissement.

Transfert de risques substantiel

Statuer sur la requalification, ou non, en dette

Vérifier que l'opérateur (Idex) assume bien les risques de construction et de performance (critère EUROSTAT).

Plan de Mesure & Vérification (M&V)

Garantir la réalité des gains

Mise en place d’indicateurs auditables selon la méthodologie IPMVP, base du calcul de la rémunération.

Validation par la gouvernance

Aligner le projet avec la stratégie

Approbation conjointe de la DAF, de la direction technique et du juridique pour sécuriser l'engagement pluriannuel.

Idex accompagne ses partenaires sur l’ensemble de ces points, avec une approche “clé en main” : financementconceptionmaintenance et garantie de performance.

Structurer un contrat de tiers-financement, c’est avant tout poser un cadre de confiance.
Un contrat bien conçu protège les deux parties, garantit la performance dans la durée et fait du financement un levier stratégique pour l’avenir du secteur hospitalier. L'expertise d'Idex couvre l'intégralité de la chaîne de valeur, de la conception au financement jusqu'à l'exploitation, pour économiser les énergies et optimiser les ressources sur le long terme.

FAQ – Structuration d’un contrat de tiers-financement

Qui rédige le contrat de tiers-financement ?
 

La rédaction est collaborative : l’établissement de santé définit ses besoins, le tiers-financeur (ex. Idex) structure les aspects techniques et financiers, et les juristes internes — ou les autorités publiques pour les hôpitaux soumis au Code de la commande publique — valident la conformité. Ce fonctionnement est conforme aux pratiques décrites dans les Marchés Globaux de Performance (MGP) et les Contrats de Performance Énergétique (CPE).

Le contrat peut-il être ajusté en cours de route ?

Oui, certains contrats prévoient des clauses d’ajustement pour adapter les objectifs ou prolonger la durée en cas d’évolution technologique.

Quelle est la durée typique d’un contrat hospitalier ?
 

Entre 7 et 15 ans selon l’investissement, avec des révisions périodiques.

Comment s’assurer que la performance est bien mesurée ?

Un protocole de mesure et de vérification est intégré au contrat, avec des audits réguliers.

Quels sont les avantages d’un contrat Idex ?
 

Transparence, maîtrise du risque, garantie de performance et accompagnement global sur toute la durée du projet.

Arnaud COULIOU Directeur national décarbonation du marché de la Santé
Article écrit par notre expert
Arnaud  Couliou
Directeur National Marché Santé

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