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Chaque année, à Noël, près de 6 millions de sapins naturels sont achetés en France, majoritairement des Nordmanns (70%) et des épicéas. Agés en moyenne d’une dizaine d’années, ils proviennent de productions agricoles, principalement dans le Morvan, la Corrèze, le Limousin, le Jura et les Ardennes. Vous avez bien lu : il s’agit bien de plantations agricoles et non d’arbres issus de forêts. Notre “Beau Sapin” n’est donc pas le roi des forêts. Par contre, de nombreuses solutions sont mises en œuvre pour qu’il ne devienne pas non plus celui des poubelles quand est venue son heure.

Passées les fêtes, le sapin n’est plus décoratif et devient plutôt encombrant. Beaucoup s’empressent alors de trouver une manière de s’en débarrasser. Mais attention, il s’agit d’un déchet vert dont l’abandon dans la rue est passible de 135€ d’amende. En forêt, l’amende peut même atteindre 1500€, même en tentant de bien faire en le replantant. En effet, les sols forestiers n’apprécient guère un tel retour au sol car l’acidité de ces arbres est nocive en quantité importante C’est d’autant plus problématique lorsqu’il reste des morceaux de guirlandes ou de flocage à leurs aiguilles.

Heureusement, les agglomérations mettent en place des points de collecte, généralement positionnés dans les parcs et jardins des villes, pendant le mois de janvier. Par exemple, pour cette année, l’agglomération parisienne a prévu 176 points de collectes. L’an passé, 85 000 sapins avaient été collectés. Par ailleurs, dans quelques communes, les habitants sont autorisés à déposer leurs sapins sur les trottoirs à des dates précises pour un ramassage général. Il est aussi possible de les apporter  en déchetterie / écopoint. Enfin, dans le cas des sapins en pot, le replantage est possible, mais uniquement dans les jardins personnels. De plus, leurs aiguilles, en petites quantités, sont un très bon paillage contre le froid.

 

Mais alors, que deviennent les sapins collectés ? Il existe plusieurs filières de valorisation :

  • En énergie, comme combustible dans des chaudières collectives. 
  • En paillage, sous la forme de broyat dans les espaces verts municipaux, pour protéger les sols du froid et de l’évaporation de l’eau, agir comme désherbant acide naturel et favoriser le développement de micro-organismes souterrains. Pour cela, les arbres sont broyés sur les places de collecte afin de limiter le transport.
  • En compost : les plateformes de compostage récupèrent également ces déchets verts pour les valoriser : une tonne d’épicéas de Noël permet de produire 300 à 400 kg de compost.
  • Autres valorisations : en Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec l'Office national des forêts, plusieurs communes du littoral utilisent ces branchages pour lutter contre la dégradation éolienne des dunes, en les recyclant en pièges à sable. De son côté, le Zoo de Labenne récupère et replante les sapins naturels dans le parc, pour en faire profiter les animaux.

Finalement, d’après l’Association Française du Sapin de Noël Naturel, choisir un épicéa naturel pour les fêtes de fin d’année est doublement bénéfique pour la planète : en poussant, les arbres stockent du carbone et leurs fins de vie sous diverses formes (combustion, compostage, paillage, piégeage, …) entrent dans des démarches écologiques et durables bien préférables aux sapins artificiels fabriqués à partir de matières plastiques non dégradables. 

Cette position est cependant discutable : plutôt que de faire pousser ces arbres pendant 10 ans, ne serait-il pas préférable de leur préférer des alternatives durables (par exemple avec des sculptures de sapin réalisées au moyen de morceaux de bois) et de remplacer les champs de sapins pour créer des zones naturelles (forêts, zones prioritaires pour la biodiversité,…) à fort pouvoir de captage de CO2 et de développement et protection de la biodiversité ?

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