Retour aux articles Valorisation énergétique locale des produits forestiers à Annecy Copier l'url

Découvrez comment le massif du Semnoz à Annecy valorise les produits forestiers issus des coupes sanitaires pour produire une énergie renouvelable et locale, grâce à la collaboration d'Idex, de l'Office National des Forêts ainsi que de sa filiale dédiée à la production de biocombustibles (ONFe) et de la ville.

Le massif du Semnoz (73), un exemple réussi de valorisation énergétique locale

En juillet dernier, l’entreprise Ekodrone a filmé le travail collaboratif  d'Idex, de l'ONF, d'ONF Energie et de la ville d'Annecy. Leur objectif commun : valoriser le   territoire forestier multifonctionnel du massif du Semnoz,  tout en produisant de l'énergie renouvelable pour les habitants, via un réseau de chaleur géré par Idex. 

Au départ, il y a la montagne du Semnoz, partie intégrante du Parc Naturel Régional du Massif des Bauges et qui domine la rive Ouest du lac d’Annecy. Haut lieu touristique pour la population annécienne, il est recouvert d’un important massif forestier dont le rôle est multifactoriel : récréatif (promenades, sports, découvertes…), environnemental (protection de la biodiversité, gestion de la qualité de l’air et de l’eau…), économique (exploitation forestière pour les filières matériaux et énergie). 

L’Office National des Forêts (ONF), en charge de la gestion des forêts publiques, observe depuis plusieurs années une dégradation de leur santé. Avec le changement climatique (manque d’eau et hausse des températures principalement), les arbres sont fragilisés et l’on observe une augmentation importante des maladies et ravageurs. Un insecte inquiète en particulier et touche durement les massifs de résineux (principalement l’épicéa et le pin) tels que celui du Semnoz : le scolyte typographe.

Les arbres colonisés connaissent des difficultés croissantes à se nourrir car les canaux transportant la sève sont abîmés, voire détruits. Les individus perdent progressivement leurs aiguilles et sont donc incapables de capter la lumière et de réaliser la photosynthèse, à la base de leur nutrition et croissance. Finalement, ils dépérissent et doivent être évacués afin d’éviter la propagation de ce ravageur. En parallèle, leur enlèvement permet la régénération de la forêt. L’ONF abat les individus concernés puis, selon la qualité observée, les oriente vers les filières adaptées. Une partie des bois ne peut être valorisée autrement qu’en énergie. 

C’est alors qu’intervient la filiale dédiée de l’ONF : ONF Energie (ONFe). Elle est chargée de valoriser en biocombustibles les bois non valorisables en matériaux, selon les besoins de ses clients. Dans le cas présent, ONFe produit des plaquettes forestières adaptées aux chaudières industrielles et gère leur acheminement, par la route,  jusqu’au site de transformation. 

C’est Idex, gestionnaire du réseau de chaleur de la ville d’Annecy (ABC : Annecy BioChaleur), qui valorise ces plaquettes forestières produites à partir des bois scolytés provenant du massif du Semnoz. La chaleur produite est ensuite distribuée aux différents abonnés, via son réseau de canalisations enterrées. 

La ville d’Annecy, propriétaire de ce réseau, “boucle ainsi la boucle” en chauffant ses administrés avec de la chaleur produite par la biomasse issue de l’entretien des forêts présentes sur son territoire, le massif du Semnoz.

Le résultat, une chaleur renouvelable, durable et très locale. Il est prévu que ce réseau de chaleur se développe dans les années à venir, augmentant progressivement la part d’énergies renouvelables.

FAQ

Comment les produits forestiers du massif du Semnoz sont-ils valorisés pour l'énergie renouvelable à Annecy ?

Les arbres du massif du Semnoz, fragilisés par le changement climatique et infestés par des ravageurs comme le scolyte, sont abattus. Les bois non valorisables en matériaux sont transformés en plaquettes forestières par ONF Energie (ONFe). Ces biocombustibles sont ensuite utilisés par Idex pour produire de l'énergie renouvelable via le réseau de chaleur d'Annecy (ABC : Annecy BioChaleur).

 

Quel est le rôle d'Idex, de l'ONF et de la ville d'Annecy dans ce projet de valorisation énergétique locale ?

La collaboration entre Idex, l'Office National des Forêts (ONF), sa filiale ONF Energie (ONFe) et la ville d'Annecy permet de valoriser les bois scolytés. L'ONF gère l'entretien du massif du Semnoz, ONFe produit les biocombustibles, Idex gère le réseau de chaleur pour distribuer l'énergie produite, et la ville d'Annecy boucle la boucle en chauffant ses habitants avec cette énergie locale issue de la biomasse.

 

Pourquoi l'entretien du massif du Semnoz est-il nécessaire et quel impact a-t-il sur la forêt ?

Avec le changement climatique, la santé des forêts du Semnoz se dégrade et les arbres sont plus vulnérables aux maladies et aux ravageurs comme le scolyte. L'abattage des arbres concernés est nécessaire pour éviter la propagation du parasite et permet la régénération de la forêt tout en fournissant une source d'énergie renouvelable locale.

 

Quels sont les bénéfices de ce réseau de chaleur pour les habitants d'Annecy ?

Le réseau de chaleur d'Annecy (ABC) fournit aux habitants une énergie renouvelable et durable, produite localement à partir de produits forestiers issus de l'entretien du massif du Semnoz. Ce système permet de valoriser la biomasse locale et de contribuer à la transition énergétique du territoire.

Les derniers articles

vue ville
  • Etat et collectivités
  • Habitat
Mis à jour le 3 septembre 2026

Comprendre le Marché Global de Performance Énergétique à Paiement Différé en 5’

Le cap est clair : atteindre la neutralité carbone en 2050 ! Pour le secteur du bâtiment, le besoin de financement est colossal : plus de 60 Mds€ par an sont nécessaires afin d’atteindre cet objectif. L’Etat, ses établissements publics et les collectivités territoriales sont directement concernés. C’est pour faire face à ce mur d’investissements que l’État a ouvert le tiers financement à ses établissements publics avec la loi du 30 mars 2023..
Lire l'article
 Stockage thermique
  • Industrie
Mis à jour le 3 septembre 2026

Électrification des utilités industrielles : le guide complet

Dans l’industrie française, près de la moitié de la consommation finale d’énergie provient encore des combustibles fossiles, essentiellement du gaz brûlé pour produire de la vapeur, de l’eau chaude et du froid. Ce socle énergétique porte un nom : les utilités industrielles. Il concentre aujourd’hui la majeure partie du potentiel de décarbonation accessible à court terme sur un site de production, et il constitue depuis longtemps un poste d'arbitrage financier et environnemental. Le plan d'électrification des usages d'avril 2026 vient toutefois rebattre les cartes du financement et remet le sujet en tête des priorités. Ce plan vise à diminuer la part des énergies fossiles dans la consommation finale d'environ 60% en 2023 à 40% en 2030, puis à moins de 30% en 2035. Que recouvrent exactement les utilités industrielles d’un site, et quel poids représentent-elles réellement ? Comment l’électrification des utilités industrielles se traduit-elle en technologies, en calendrier et en euros ? On fait le point ! 
Lire l'article
Capture d’écran 2024-10-11 125818.png
  • Industrie
Mis à jour le 27 août 2026

Chauffage par géothermie : comment chauffer bâtiments et territoires grâce à la chaleur du sous-sol

Sous nos pieds, une chaleur locale peut devenir une réponse concrète à la décarbonation des bâtiments et des territoires. Le chauffage par géothermie consiste à capter cette énergie dans le sous-sol, puis à la transformer en chaleur utile pour des logements collectifs, des équipements publics, des sites tertiaires, des établissements de santé ou des réseaux urbains. L’objectif est simple : produire du chauffage et de l’eau chaude sanitaire avec une ressource stable, disponible en continu et moins exposée aux variations des combustibles. Cette approche ne remplace pas seulement une chaudière par un autre équipement. Elle transforme la manière d’alimenter un bâtiment, un ensemble immobilier ou un réseau en chaleur : la ressource est locale, la production peut être mutualisée, et la performance se pilote dans le temps. Pour un maître d’ouvrage, l’enjeu est double : réduire les émissions tout en garantissant le confort des occupants. L’énergie du sous-sol devient alors une énergie de service, pensée pour durer.
Lire l'article