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À l'occasion de la publication du premier Observatoire de la Transition Énergétique des Territoires par Idex, Nicolas Méary, maire de Brétigny-sur-Orge (91) et vice-président du Conseil départemental de l’Essonne en charge des fonds de transition écologique, partage sa vision d'une transition énergétique pragmatique et efficace.

L'Observatoire Idex révèle que 86 % des collectivités font de la rénovation énergétique leur priorité. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Nicolas Méary : Cette priorité donnée à la rénovation énergétique reflète une approche pragmatique qui correspond aux attentes des citoyens. Dans ma commune, nous avons commencé par les écoles : le résultat est immédiatement perceptible en termes de confort pour les élèves et les enseignants. Et quand on présente aux habitants une facture énergétique en baisse de 40%, le débat sur la pertinence de l'investissement est vite clos. C'est cette dimension concrète qui fait la force de ces projets.

Comment expliquez-vous que 92 % des collectivités citent encore le manque de moyens comme frein principal ?

N.M. : La question n'est pas tant le volume des aides disponibles que notre capacité à les mobiliser efficacement. Aujourd'hui, nous passons un temps considérable à monter des dossiers de subvention, au détriment de la mise en œuvre opérationnelle. Ce que nous demandons, c'est plus de simplicité et de visibilité à long terme. Un projet de réseau de chaleur, par exemple, s'amortit sur 20 ans. Nous avons besoin d'une vision claire des dispositifs de soutien sur cette durée.

Quand on présente aux habitants une facture énergétique en baisse de 40%, le débat sur la pertinence de l'investissement est vite clos.
Nicolas Méary, l'artisan d'une transition énergétique à visage humain

Les résultats soulignent l'importance de l'échelon communal. Pourquoi ?

N.M. : La transition énergétique ne peut pas se décréter d'en haut. À l'échelle communale, nous connaissons notre territoire, ses ressources, ses contraintes. Nous pouvons dialoguer directement avec les habitants, adapter les projets à leurs besoins. Prenez l'exemple du photovoltaïque : son acceptabilité dépend largement de la façon dont le projet est construit avec les riverains. C'est ce travail de proximité qui fait la différence.

Comment hiérarchiser les différentes solutions techniques disponibles ?

N.M. : L'erreur serait de chercher LA solution miracle. À Brétigny, nous développons simultanément plusieurs projets : rénovation énergétique, photovoltaïque, réseau de chaleur... Chaque solution répond à un besoin spécifique. L'important est d'avoir une vision d'ensemble et de créer des synergies.

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Quels sont, selon vous, les facteurs clés pour réussir ? Comment les mobiliser efficacement ?

N.M. : Pour faire aboutir les projets, nous avons besoin de 3 ingrédients essentiels : l'argent, la volonté politique - qui implique l'acceptabilité citoyenne - et les compétences.

Ces trois dimensions sont indissociables. La volonté politique doit s'appuyer sur une expertise technique solide pour se traduire en projets viables. C'est là que le partenariat avec des acteurs privés prend tout son sens. Ils apportent non seulement des solutions de financement, mais aussi une expertise précieuse. À condition, bien sûr, que la collectivité reste maître de ses choix stratégiques. C'est cet équilibre qui permet de construire des projets durables.

FAQ

Pourquoi la rénovation énergétique est-elle la priorité de 86% des collectivités territoriales françaises ?

La rénovation énergétique est privilégiée par les collectivités car elle offre des résultats concrets et immédiats pour les citoyens. Comme l'explique Nicolas Méary, maire de Brétigny-sur-Orge : "Dans ma commune, nous avons commencé par les écoles : le résultat est immédiatement perceptible en termes de confort pour les élèves et les enseignants." Cette approche pragmatique permet également de réaliser des économies substantielles, avec des factures énergétiques pouvant diminuer de 40%, ce qui facilite l'acceptation des investissements par les habitants.

Quels sont les principaux obstacles au financement de la transition énergétique dans les communes françaises ?

Selon l'Observatoire Idex, 92% des collectivités citent le manque de moyens comme frein principal. Cependant, Nicolas Méary précise que "la question n'est pas tant le volume des aides disponibles que notre capacité à les mobiliser efficacement." Le problème réside dans la complexité administrative des dossiers de subvention et le manque de visibilité à long terme des dispositifs de soutien. Les projets comme les réseaux de chaleur s'amortissent sur 20 ans, nécessitant une stabilité des mécanismes de financement sur cette durée.

Pourquoi l'échelon communal est-il essentiel pour réussir la transition énergétique ?

L'échelon communal est fondamental car "la transition énergétique ne peut pas se décréter d'en haut", selon Nicolas Méary. Les communes possèdent une connaissance fine de leur territoire, de ses ressources et de ses contraintes. Cette proximité permet un dialogue direct avec les habitants et une adaptation des projets à leurs besoins spécifiques. L'acceptabilité de solutions comme le photovoltaïque dépend largement de la façon dont le projet est construit avec les riverains, rendant ce travail de proximité déterminant pour le succès des initiatives.

Quels sont les trois facteurs clés pour réussir des projets de transition énergétique au niveau local ?

Pour faire aboutir les projets de transition énergétique, trois ingrédients essentiels sont nécessaires selon Nicolas Méary : "l'argent, la volonté politique - qui implique l'acceptabilité citoyenne - et les compétences." Ces dimensions sont indissociables et doivent être mobilisées ensemble. La volonté politique doit s'appuyer sur une expertise technique solide, ce qui justifie l'importance des partenariats public-privé. Les acteurs privés apportent non seulement des solutions de financement mais aussi une expertise précieuse, à condition que la collectivité reste maître de ses choix stratégiques pour garantir des projets durables.

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